Marjorie François, Directrice Générale Adjointe de Mobicity, a participé aux Sommets Virtuels de la Transition organisés par l’Association pour la transition Bas Carbone. Deux webconférences étaient au programme : mobilité inclusive et aménagements cyclables en zone peu dense. Des thématiques qui résonnent directement avec nos projets quotidiens et nos missions auprès des collectivités et entreprises.
Pourquoi suivre ces conférences ?
Chez Mobicity, nous accompagnons depuis près de vingt ans des territoires très différents dans leurs projets de mobilité durable. Stations de montagne, zones rurales, centres urbains, îles… Chaque territoire présente ses propres défis. Comment rendre nos solutions de vélos à assistance électrique en libre-service accessibles à tous ? Comment déployer des stations dans des communes avec peu d’infrastructures existantes ? Comment s’assurer que personne ne reste sur le bord du chemin ?
Ces questions nécessitent une veille active. Les Sommets Virtuels de la Transition offrent un format particulièrement adapté : des conférences en ligne accessibles facilement, avec des enregistrements disponibles en podcast pour approfondir les sujets à notre rythme. Surtout, ils proposent des retours d’expérience concrets de territoires qui expérimentent, testent et innovent. Ce sont ces exemples terrain qui nous intéressent le plus.
Première conférence : inclusion et mobilités actives
La première webconférence portait sur l’inclusion dans les mobilités actives, de la théorie à l’action dans l’espace public. Le message principal nous a particulièrement marqués : l’inclusion, ce n’est pas réparer après coup un système pensé pour la majorité. C’est concevoir d’emblée pour tout le monde.
Cette distinction est fondamentale. L’intégration consiste à adapter un système existant pour y faire entrer des publics qui en étaient exclus. L’inclusion, elle, suppose de penser dès le départ un système accessible à tous : quels que soient l’âge, le genre, les capacités physiques ou mentales, la situation sociale.
Le projet SMALL porté par l’Eurométropole de Strasbourg illustre parfaitement cette approche. Ce réseau européen réunit plusieurs villes autour de la mobilité des jeunes de moins de 15 ans. Le constat de départ est alarmant : on observe une baisse de l’usage du vélo chez les jeunes et une perte d’autonomie dans l’espace public.
La réponse ? Co-construire avec les principaux intéressés. Des ateliers ont été organisés avec les jeunes pour explorer, évaluer et imaginer des solutions pour sécuriser et apaiser les abords des écoles. Cette démarche baptisée « Chantier des écoliers » a permis de tester des aménagements concrets.
Les résultats sont éloquents : une expérimentation instrumentée a montré une baisse de 84% du trafic automobile aux abords des écoles aménagées, une réduction des vitesses et une augmentation du nombre de piétons. Le message des organisateurs résonne : « On a les usagers qu’on mérite. » Il faut inviter, défier et permettre les mobilités actives pour tous.
Cette approche nous parle directement. Quand nous déployons une flotte de vélos à assistance électrique, nous ne nous contentons pas d’installer des stations et des vélos. Nous travaillons avec nos clients pour comprendre les usages, identifier les publics cibles et adapter nos solutions en conséquence.
Seconde conférence : aménager en zone peu dense
La seconde webconférence nous a plongés dans un sujet très concret : comment créer des itinéraires cyclables en zone peu dense ? La Direction Départementale des Territoires et de la Mer de Seine-Maritime a développé une méthodologie particulièrement innovante autour des RAPC, les Routes Agricoles à Potentiel Cyclable.
Le principe est simple mais ingénieux. Plutôt que de créer de toutes pièces de nouvelles infrastructures cyclables avec des travaux de génie civil coûteux, pourquoi ne pas identifier des routes existantes à très faible trafic et les transformer en itinéraires cyclables sécurisés ? Ces routes revêtues, déjà ouvertes à la circulation automobile mais peu circulées, peuvent servir d’itinéraires privilégiés pour les cyclistes du quotidien.
La méthode repose sur des critères précis analysés via un système d’information géographique : trafic automobile, pentes, connexion aux pôles générateurs (bourgs, zones d’activités, services), possibilité de report du trafic automobile. La concertation avec les communes, la profession agricole et les usagers intervient à chaque étape pour affiner les choix.
L’aménagement lui-même reste léger : signalisation spécifique, panneaux voie verte, pictogrammes engins agricoles, mise en impasse pour limiter le trafic de transit. Le cas d’étude présenté sur la Communauté de communes des Falaises du Talou montre des coûts maîtrisés : 42 000 euros HT pour deux sections d’environ 1,5 km chacune, avec 30% de subventions de l’État.
Cette approche résonne parfaitement avec notre philosophie. Nos stations ne nécessitent pas de génie civil et peuvent être installées, déplacées ou retirées sans détériorer les infrastructures. Cette modularité permet une adaptation fine aux besoins réels et à l’évolution des usages.
Applications concrètes pour Mobicity
Ces retours d’expérience nous inspirent directement dans nos projets. Quand nous déployons des flottes à Marie-Galante, à Bar-sur-Aube ou dans les Gets, nous faisons face à des enjeux similaires : des territoires peu denses, des publics variés, des infrastructures à optimiser, des budgets à maîtriser.
Comprendre comment d’autres acteurs s’y prennent ailleurs nous aide à affiner nos propositions. Les méthodologies d’identification des itinéraires cyclables peuvent nous aider à conseiller nos clients sur les meilleurs emplacements pour nos stations. Les démarches de co-construction avec les usagers nous inspirent pour améliorer nos accompagnements.
Cette veille continue fait partie de notre ADN. Depuis notre création en 2006, nous nous positionnons dans une démarche d’innovation permanente. Pour chaque projet de mobilité, nous prenons soin non seulement d’améliorer l’ergonomie ou le design de nos produits, mais aussi de proposer des solutions entièrement adaptées aux besoins de chaque client.
Une entreprise qui accompagne la transition doit elle-même être en transition permanente. Écouter nos clients, bien sûr. Mais aussi rester curieux de ce qui se fait dans l’écosystème de la mobilité durable, en France et en Europe.
