Le WWF France et la FUB viennent de publier une étude nationale qui devrait figurer sur le bureau de chaque élu local. Elle ne parle pas que de vélos. Elle parle également de santé, de pouvoir d’achat, de désenclavement, ainsi que d’une fenêtre d’opportunité à ne pas rater.
Le vélo, enfin pris au sérieux
Pendant longtemps, le vélo a été perçu comme un mode de déplacement militant, réservé aux grandes métropoles ou aux sportifs du dimanche. Ce temps-là est révolu. L’étude publiée par le WWF France et la Fédération des Usagères et Usagers de la Bicyclette (FUB) en février 2026 l’affirme avec des chiffres solides : le vélo est une solution de mobilité de masse, crédible, immédiatement déployable, et dont les bénéfices sont mesurables dès le premier mandat.
Au cœur de cette étude : les Réseaux Express Vélo, également appelés REV. Des itinéraires cyclables larges, continus et sécurisés, conçus pour relier les lieux de vie, de travail et de services à l’échelle d’une agglomération entière. L’image qui revient souvent pour les décrire est celle du RER — mais pour les deux-roues. Un réseau structurant, pensé pour le quotidien, pas pour l’exception.
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
L’étude porte sur les 30 principales agglomérations françaises. Les résultats sont sans appel.
À terme, les Réseaux Express Vélo (REV) permettraient de desservir 70 % de la population, 81 % des emplois et 74 % des équipements du quotidien — écoles, hôpitaux, commerces, services publics. Ce ne sont plus des chiffres anecdotiques. C’est une transformation profonde de l’accessibilité urbaine.
Du côté du désenclavement, l’impact est tout aussi significatif. Près de 1,7 million de personnes aujourd’hui mal ou non desservies par les transports en commun pourraient trouver dans le vélo une alternative réelle à la voiture individuelle. Pour des territoires périurbains ou ruraux, où la dépendance à l’automobile est parfois totale, c’est un changement de paradigme.
Sur le plan économique, les REV pourraient éviter jusqu’à 22 % des voitures circulant chaque jour pour les trajets domicile-travail. Cela représente près d’un million de véhicules en moins sur les routes des 30 agglomérations analysées. Conséquence directe : une réduction de 17 % des émissions de gaz à effet de serre sur ces trajets, et près de 1 000 € d’économies annuelles pour chaque automobiliste passant au vélo. À l’échelle des 30 territoires, c’est 1 milliard d’euros qui resteraient dans la poche des ménages chaque année.
Enfin, les bénéfices pour la santé publique sont considérables : jusqu’à 3 milliards d’euros de coûts sociaux évités chaque année, grâce à la réduction des maladies chroniques liées à la sédentarité.
Un retard préoccupant, une opportunité réelle
Ces chiffres rendent le constat actuel d’autant plus difficile à accepter. En effet, la moitié des 30 plus grandes agglomérations françaises n’a pas encore lancé son Réseau Express Vélo. Et parmi celles qui s’y sont engagées, les projets ne sont réalisés qu’à 32 % en moyenne.
Ce retard n’est pas une fatalité. Il est même, d’une certaine manière, une opportunité. Effectivement, les REV ne sont pas des chantiers pharaoniques. Ils sont rapides à déployer, moins coûteux que d’autres infrastructures de transport, et leurs effets sont visibles à court terme. Pour un élu qui entame un mandat en 2026, c’est l’un des rares projets qui peut produire des résultats concrets avant sa fin.
À l’approche des élections municipales, le WWF France et la FUB appellent les candidats à faire des REV un marqueur fort de leur projet de territoire. Ce n’est pas un appel idéologique. C’est un appel à l’efficacité.
L’infrastructure ne suffit pas : penser l’écosystème complet
Il y a cependant un angle mort dans beaucoup de projets de mobilité cyclable. En effet, on construit les pistes. On aménage les voies. Et on oublie ce qui rend ces infrastructures réellement utilisables au quotidien.
Une piste cyclable sans vélos disponibles au départ et à l’arrivée, c’est une promesse à moitié tenue. Pour que les Réseaux Express Vélo tiennent leurs promesses, il faut penser l’ensemble de l’écosystème : des vélos à assistance électrique en libre-service positionnés aux nœuds stratégiques du réseau, des stationnements sécurisés pour les vélos personnels, des points de recharge, et des systèmes d’accès simples pour tous les publics.
C’est précisément ce que l’on appelle l’intermodalité. Et c’est souvent le maillon manquant entre une belle infrastructure cyclable et un service réellement adopté par les habitants.
Chez Mobicity, nous travaillons depuis près de vingt ans sur cette articulation. Aux côtés des collectivités, nous déployons des flottes de vélos à assistance électrique en libre-service, des stations de recharge et de sécurisation. Les services associés garantissent la continuité et la fiabilité du service. Nos stations ne nécessitent pas de génie civil : elles s’installent rapidement. De plus, elles s’adaptent à chaque configuration, et peuvent évoluer au fil du développement du réseau.
Par exemple, des territoires comme Châteaubriant-Derval, Les Gets, Grasse ou Bar-sur-Aube ont déjà emprunté ce chemin. Pas nécessairement avec un REV au sens strict, mais avec une logique similaire : créer les conditions d’un report modal réel, en proposant une alternative crédible à la voiture pour les trajets du quotidien.
2026 : une fenêtre à saisir pour les Réseaux Express Vélo
Les élections municipales de 2026 représentent une opportunité rare. Celle d’inscrire la mobilité durable non plus comme un sujet de commission environnement, mais comme une priorité transversale de la politique locale.
Les Réseaux Express Vélo en sont la colonne vertébrale. Les infrastructures complémentaires (stationnements, flottes partagées, stations de recharge) en sont les muscles. L’un ne va pas sans l’autre.
Enfin, pour les collectivités qui souhaitent aller plus loin, les solutions existent et elles sont éprouvées. Elles peuvent être déployées rapidement. Il ne manque souvent qu’une chose : la décision politique de les prioriser.
Retrouvez l’étude complète du WWF France et de la FUB sur les Réseaux Express Vélo
