Le 24 avril 2026, l’Union des entreprises sport & cycle (UESC) a présenté la 27ème édition de son Observatoire du Cycle au salon Vélo In Paris. Derrière les chiffres d’un marché en repli, plusieurs signaux forts se dégagent. Particulièrement pour les collectivités et entreprises qui réfléchissent à déployer des vélos à assistance électrique. Décryptage.
Un marché en contraction, mais une pratique qui résiste
Premier constat de l’Observatoire : le marché du cycle français recule en 2025. Le chiffre d’affaires global atteint 3 109 millions d’euros, soit une baisse de 4,8% par rapport à 2024. Les ventes de vélos neufs sont les plus touchées (-8,4%), tandis que les volumes continuent leur décroissance entamée à la sortie de la bulle COVID, avec 1 836 710 unités vendues (-6,2% sur un an, -30% par rapport à 2019).
Ce contexte difficile s’explique par plusieurs facteurs : une crise de la confiance des ménages (-10 points par rapport à la moyenne), une consommation atone, mais aussi la disparition du plan vélo national. Depuis le 14 février 2025, les aides à l’achat nationales ont été supprimées, tout comme les aides CEE pour les vélos cargo professionnels.
Pourtant, la pratique du vélo se porte bien. Le Réseau Vélo et marche enregistre +5% de passages cyclistes en moyenne sur tout le territoire. La France compte 9 millions de pratiquants sportifs ou loisirs, dont 42% de femmes. Les Français pédalent donc davantage, même s’ils achètent moins.
Le VAE : toujours majoritaire en valeur
Les vélos à assistance électrique conservent une place centrale sur le marché. Avec 507 000 unités vendues en 2025, ils représentent 28% des volumes mais 54% de la valeur du marché. Si les ventes reculent (-16% par rapport à 2024), elles restent supérieures de 29% au niveau d’avant COVID.
Le prix moyen d’un VAE s’établit à 1 999 euros (-1%), confirmant son positionnement comme un investissement structurant pour les utilisateurs et les organisations qui en déploient.
La réparation, segment le plus dynamique
C’est sans doute l’enseignement le plus marquant de cette édition : la réparation explose. Avec 128 millions d’euros de chiffre d’affaires (+10,5% en un an), ce segment est multiplié par 2,5 depuis 2019. Le nombre de réparations atteint 6,3 millions en 2025, en hausse de 5% sur un an et de 44% depuis 2019.
Les Français entretiennent leurs vélos. Et c’est une bonne nouvelle : cela témoigne de la maturité de la pratique et confirme que le vélo est un produit durable et réparable. Depuis 2023, tous les vélos bénéficient par ailleurs d’un soutien à la réparation via le Bonus Répar’, avec en 2025 plus de 1 000 réparateurs labellisés et un bonus moyen de 23 euros.
Pour les collectivités et entreprises qui déploient des flottes partagées, le message est clair : la qualité de la maintenance préventive et curative conditionne directement la pérennité du service.
Une production française en hausse
L’Observatoire confirme une dynamique encourageante côté industriel. La production française atteint 512 190 vélos en 2025, en hausse de 3,4%. 44% des VAE vendus en France sont aujourd’hui produits en France, contre 22% pour les vélos classiques et 29% pour les cargos.
Cette montée en puissance de l’industrie hexagonale s’inscrit dans une logique européenne : 80% des importations françaises proviennent de pays européens, et seuls 3,5% des vélos importés viennent de Chine.
Le Groupe Rebirth contribue à cette dynamique avec ses ateliers de Saint-Lô, Romilly-sur-Seine et Grasse. Les solutions Mobicity s’inscrivent pleinement dans cette logique de production locale, conçue et fabriquée en France.
Le recyclage des batteries se structure
Autre avancée notable : la nouvelle filière REP dédiée aux batteries, lancée en 2024, monte en puissance. En 2025, 67% des matières premières des batteries sont recyclées, et plus de 3 000 points de collecte sont disponibles sur le territoire. De nouveaux objectifs, plus exigeants, ont été fixés par l’Union européenne.
C’est un argument concret pour les démarches RSE des collectivités et entreprises qui déploient des flottes de VAE : la fin de vie des batteries est désormais encadrée par une filière organisée.
Trois leviers pour accélérer en 2026
L’UESC identifie plusieurs axes pour relancer le secteur en 2026. D’abord, continuer de promouvoir le vélo : avec 27 vélos achetés pour 10 000 habitants, la France reste loin derrière les Pays-Bas (44) ou l’Allemagne (45).
Ensuite, développer le vélo par l’employeur. Le parc français de vélos de fonction n’atteint que 55 000 unités, contre 200 000 en Belgique et 2,2 millions en Allemagne. Un gisement considérable, d’autant que le rescrit fiscal du 30 avril 2025 a rendu la TVA récupérable sur les VAE mis à disposition des salariés avec contrepartie. Une avancée majeure pour l’équation économique des projets de mobilité en entreprise.
Enfin, lutter contre les faux vélos. En 2025, 8% des ventes de VAE sont des faux-vélos (94% sont des fat bikes), et 125 marques commercialisent des VAE non conformes. Un enjeu de sécurité et de loyauté commerciale qui concerne directement les utilisateurs finaux.
Ce que retient Mobicity
L’Observatoire 2025 dessine un secteur en transition. Le marché se contracte, les aides reculent, mais les pratiques se consolident, l’industrie française progresse, et les filières environnementales se structurent.
Pour les collectivités et entreprises qui réfléchissent à déployer des flottes partagées, plusieurs enseignements ressortent : miser sur la qualité de la maintenance, privilégier des solutions produites en France, intégrer la fin de vie des batteries dans la réflexion RSE, et tirer parti des nouveaux leviers fiscaux comme la TVA récupérable.
Le contexte est exigeant. Mais les fondamentaux d’une mobilité durable, fiable et ancrée dans les territoires n’ont jamais été aussi clairs.
Pour consulter l’Observatoire du Cycle 2025 dans son intégralité.
